Bien, bien, bien… alors, si je reprends tout depuis le début, Mademoiselle Isabelle Truchis de Varenne (un nom issu de l’italien), fille d’un baron, est née en 1964 un jour de pleine lune à huit heures du soir. Sa maman, sûre d’avoir un garçon, avait décidé de l’appeler Georges, ce qui explique peut être que Zazie a toujours été un vrai garçon manqué. C’est vrai que toute petite déjà, à Boulogne Billancourt, la demoiselle promettait. Ses parents la retrouvent perchée dans un arbre alors qu’elle ne marche pas encore. Sa petite enfance se déroule aux côtés de Jijis son nounours à elle qu’elle a. A huit ans, pendant ses vacances, elle passe des heures en compagnie d’un scorpion qu’elle a adopté, ben tiens. Un peu plus tard, prémice de l’époque baba cool elle choisit tissage (aaaah ouais cooool) et travaille son violon, avec sa maman qui est professeur de musique. Après son bac, elle se dirige vers des études de kiné (comme Carlos ? euh… oui comme Carlos mais la comparaison s’arrête là merci). Pour se faire un peu d’argent de poche elle fait quelques défilés de mannequin. C’est une époque de déconne dont elle garde semble-t-il quelques bons souvenirs, des bérets (qu’elle collectionnait à l’époque) et de Sacré Graal, le film culte des anglais du Monthy Python. Bref, vous l’avez compris, depuis toute petite déjà Zazie (sa maman a emprunté le surnom de l’héroine du roman de Queneau) a déjà une personnalité et des goûts bien à elle. Elle pratique le Bharata Natyam, une danse sacrée indienne avec sa copine. A la maison, elle partage ses secrets avec Phil, son grand frère qu’elle a et dont on retrouvera le talent dans quelques chansons. Plus tard elle aura aussi deux demi-frères adoptés du bout du monde.

Ah… Zazie (tu m’en auras fait faire des conneries), qui invente son langage, le zazois, ponctuant souvent ses phrases par bon, ça c’est fait. Zazie qui a ramé dur dans ce métier de sauvage. Rendez-vous compte, elle a même fait la première de Louis Chédid au Casino de Paris, c’est vous dire si elle a ramé (nan, Louis, reviens, on déconne). Sans blague, pour décrocher des rendez-vous avec des producteurs, elle n’hésitait pas à mentir (non ?), en se faisant passer pour la secrétaire de Sylvie Joly par exemple. Tout cela finit d’ailleurs par payer puisqu’elle enregistre son premier album chez Pete Gab himself, le gars Peter Gabriel de Bath (où, comme disait Antoine de Caunes, ça caille à mort). Elle a laissé Valentin (son synthé) à Paris et travaille assidument. Il faut dire qu’il y a du beau linge dans le studio, puisqu’elle utilise la section rythmique d’Eric "unplugged" Clapton, excusez du peu. Zazie est une perfectionniste, trait de caractère qu’on retrouve dans ses clips, comme celui de "un point c’est toi" tourné à Rambouillet. Un peu plus tard, d’ailleurs, on lui demandera de signer la musique du film "Tout doit disparaître", dont elle signera la chanson éponyme avec ses complices Pierre Jaconelli et Christophe Voisin. Bizarrement, cette chanson rythmée et rigolote, sous forme de charade ne sera jamais éditée : "mon premier est amoureux de mon deuxième, mon deuxième ne veut plus faire des choses à mon premier tant qu’il sera marié, marié à mon troisième, mon troisième qui veut garder mon premier à ses côtés…" C’est clair, Zazie est un sacré numéro. Elle inspirera d’ailleurs à Laurent Ruquier un désopilant billet d’humeur intitulé "Zazie, une particule au fond de son clip".

Zazie est un peu zarbie mais bon, c’est comme ça comme l’aime, non ? Tiens, lui dit une copine, tu t’es fait couper les cheveux ? Ben oui, ses cheveux avaient brûlé en faisant des bananes flambées. Zazie est un peu (un peu ?) hors norme, ne supportant pas le bruit elle est quand même capable de dormir un peu où elle veut quand elle veut. Son animal préféré c’est bien la girafe (mimétisme ?), elle lit la sincérité des hommes dans leurs yeux. Il est facile de deviner que la partie de son corps qu’elle préfère c’est son ventre et qu’elle se verrait bien réincarnée en tilleul dans un jardin. Mata Hari des années 90, Zazie ne se déstabilise pas facilement. A Thierry Ardisson qui lui demandait si elle avait eu un expérience homo, n’avait-elle pas répondu "non ma chatte n’a pas voulu". Zazie est nature et dans la vie elle ne se prend pas le chou, comme l’homme à la tête du même nom, par contre à la télévion il lui arrive d’être un peu tendue et quand l’élastique pète, elle se casse la gueule de son tabouret aux Enfants de la Télé, s’accrochant désespéremment au bras de son camarade de jeux Obispo, éberlué par la cascade involontaire. Lorsqu’elle retrouve le calme de son appartement elle aime lire, en particulier des romans étrangers. Elle a conseillé "quand j’avais cinq ans, je m’ai tué" d’Howard Butten à tous ses amis, Howard Butten qui a signé un très joli texte en préambule du coffret promo de l’album "made in love", dans le plus pur style Howard Butten (sans blague ?). En 1996, Zazie retrouve le chemin des planches pour un défilé Courrèges. Un an plus tard, après avoir signé le sublissime "dodo Rémy" elle rejoint l’association Sol En Si dont nous ne vous répéterons jamais assez d’acheter leur disque.

Zazie est une parisiennne pur sucre, elle pratique le roller de nuit (elle a passé son brevet de saut de caniche) et elle aime la cuisine exotique (pour les crêpes au chouchenn bien sûr, c’est quand elle veut). Elle collectionne les masques africains (il paraît qu’elle en a même trouvé un dans une poubelle) et elle raffole des maquereaux au vin blanc et là, alors là ça tombe vraiment bien parce que figurez-vous que mon grand-père à moi que j’ai, qui est de Douarnenez (the most beautiful bay of the world), il est le spécialiste mondial des maquereaux au vin blanc. Donc, pour les maquereaux, l’important c’est de bien choisir ses maquereaux, bien frais, l’œil vif… aheum… mais je m’égare (du Nord) et revenons z’à nos moutons. Jusqu’à il y a peu de temps elle fumait des Marlboro light (vous savez la cigarette du cow boy qui est mort d’un cancer des poumons, ça ne s’invente pas), mais on sait de source sûre qu’elle a arrêté. La première fois qu’elle a rencontré notre Johnny national ils ont parlé tatouage, le symbole qu’elle porte à l’épaule gauche est celui d’une tribu de Bornéo et la première fois qu’elle a rencontré Laetitia, elles ont parlé baba au rhum, ceci n’ayant aucun rapport direct avec cela (mais moi ça me fait rire).

Zazie se déplace en scooter, elle en a eu plusieurs, le premier s’appelait Jolly Jumper (on lui a volé), puis un autre Jasper ("jasper qu’on me le volera pas" ah ben ouais vous étiez prévenus, parfois le zazois ça vient de loin). Pascal Obispo lui a offert sa p'tite chatte, Tandorii. Eh oui, cette fille n’est pas un cadeau, c’est ainsi que Zazie se définit elle même. Pas un cadeau, n’empêche… Dans les admirateurs de la demoiselle, il y a du beau linge, Delon, le Alain Delon lui-même (ça le fait bien de compter Delon dans ses admirateurs, vous ne trouvez pas ?). Paradoxalement, Pierre Jaconelli disait dans une interview que le plus gros défaut de Zazie c’était sa féminité. Personnellement, j’aime beaucoup Pierre Jaconelli qui est (on le sait peu) un fantastique cascadeur sur scène. Mais je vous avoue que rapprocher féminité et défaut est un concept intellectuel qui me dépasse un peu (allez... un Daffalgan, non deux !). En tout cas une chose est sûre. Quand Zazie monte sur scène pieds nus, c’est un vent de grâce qui souffle sur le public. Et quand elle ne peut pas se ballader pieds nus, elle affectionne les sandales Birkenstock.

Bon, revenons à des choses plus sérieuses et moins terre à terre (si j’ose dire) qu’une paire de babouches. Dans l’album "made in love" le morceau composé avec Pascal Obispo c’est bien "Amazone" dont Zazie nous avait dit qu’on le verrait peut être apparaître en face B d’un single. Tout le programme promo de Made in love est passé et nous n’avons point vu passer d’amazone, ni à cheval ni à trottinette. Le concept et les photographies de l’album confiés à Jean-Baptiste Mondino ont été réalisées au terminal d’Orly. Toujours à propos de Made in love, c’est vrai qu’il fallait avoir un certain culot pour filmer en plan fixe un poste de radio diffusant l’album à deux heures du mat’ et il fallait être encore plus naze pour regarder l’émission (le seul truc qui bougeait c’était les gens qui passaient dehors, derrière la fenêtre). TF1 réussit ce pari insensé de tenir 366.000 accros pendant l’émission (j’en connais même qui ont enregistré l’émission et qui se la repassent de temps en temps, mais là c’est déjà d'un niveau hautement douteux). A propos de télé, elle refuserait de participer à Célébrités et on la comprend. Repoussant sans cesse les limites de l'effort, Zazie a composé l'album Zen sur son ordinateur Atari, aujourd’hui elle a un Mac, la vie est belle. Flash back, à la fin de l’enregistrement du premier album, notre Pascal à nous, Pascalimérokeurdarticho a craqué un p’tit peu et il a pleuré (c’est beau, un homme qui pleure, hein les filles ?). Zazie rêve de composer pour Vanessa Paradis, c’est vrai sans blague, c’est quand elles veulent. Zazie qui a chanté avec Inxs avant que son chanteur ne s’envole dans un souffle de larmes. Zazie qui aimerait bien écrire une comédie musicale sur le thème de la cour des miracles avec Florent Pagny et Pascal Obsipo, ce dernier ayant écrit la musique de la comédie musicale "les dix commandements" sur un livret d’Elie Chouraqui (en septembre 2000 au Palais des Sports).

Malgré son origine italienne, malgré sa passion pour le scooter, malgré un article sur un week-end à Rome paru dans la presse People, son morceau de rêve, à elle, c’est bien un banc Place des Vosges.

A l'issue d'une tournée triomphale baptisée "le tour des Anges", la miss s'est payé le luxe d'un Zaziatic tour, égrénant quelques dates au pays du soleil levant. Puis elle s'est enfin décidé à plier les micros, à ranger les guitares pour se mettre à l'écriture de son quatrième opus. Elle compose un texte sur une musique d'Axel Bauer, le single passe en radio et fait un carton pendant l'été. En septembre, "rue de la paix" annonce le retour de Zazie et l'imminence de la sortie du nouvel album: la zizanie.

Jijis
avec Phil
Bucolique
look truffaut
la Cigale

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